Enquête sur la rumeur de la chute de l’arche de Port Blanc : questions-réponses à une correspondante de presse

vendredi 13 avril 2018
par  0561329R-CLUB-JOURNAL
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L’arche de Port Blanc est une curiosité géologique et géographique située sur la côte sauvage de la presqu’île de Quiberon. C’est un lieu très souvent pris en photographie et symbolique de notre presqu’île. JPEG - 406.4 ko Source de l’image : www.philippedinet.fr

Début janvier 2018, une nouvelle a circulé sur les réseaux sociaux annonçant la chute de cette arche.

Nous avons essayé d’enquêter sur ce sujet. Nous avons étudié les différents documents nous permettant d’essayer de remonter à la source : 1 post publié sur le réseau social Facebook avec une photo de l’arche coupée et 3 articles du Télégramme sur cette arche (un de 2016 évoquant les premières traces d’érosion et 2 datant des 3 et 4 janvier 2018). Il est impossible aujourd’hui à partir du post de Facebook de revenir sur le site ayant initialement publié cette nouvelle. JPEG - 110 ko

Nous nous sommes étonnés de voir qu’à un jour d’intervalle, il était nécessaire de publier deux articles sur le même sujet pour couper court à la propagation de la rumeur. JPEG - 143.4 ko JPEG - 123.8 ko

Nous avons donc questionné Soazic Ropert, correspondante locale du Télégramme et auteur de ces deux articles. Ses réponses nous ont permis de comprendre le circuit de l’information et celui de la rumeur et de voir le travail nécessaire de vérification des sources.

Comment avez-vous eu connaissance de cette nouvelle qui s’est propagée ?

Vers 10h le matin, j’ai reçu un coup de téléphone d’une connaissance pour m’informer que l’arche de Port Blanc était tombée. Elle l’avait appris au café, place hoche, à Quiberon. Elle me certifiait que l’info était sûre, mais n’en savait pas plus.

Avez-vous vu le post publié sur Facebook ?

A ce moment, je n’avais pas encore connaissance du point de départ de cette information. Je n’avais donc pas vu Facebook. Mais de toute façon, j’aurai fait de la même façon, c’est-à-dire, aussitôt, aller sur les lieux.

Pourquoi avez-vous publié deux articles à suivre (le 3 et le 4 janvier) ?

Le premier article est celui qui est passé le jour même sur internet. Il fallait couper court à la rumeur rapidement et donc ne pas attendre une publication « papier » le lendemain. L’article du 4, reprend les mêmes éléments en les complétant simplement.

Est-il habituel de faire deux articles à 1 jour de différence sur le même sujet ?

Il est habituel que des sujets d’actualité, des faits divers soient publiés très rapidement sur internet. Il peut même y avoir plusieurs articles sur le même sujets sur « au fil de l’actualité » en fonction des avancés des connaissances. L’article de fond, reprenant l’ensemble des éléments sera ensuite publié le lendemain dans la rubrique (locale, région, département, sports) sur internet et en version papier.

Pourquoi votre rédaction a publié ces articles ?

Lorsque je me suis rendue compte que l’arche n’était pas tombée, j’ai appelé ma rédaction pour leur demander de publier un article qui pouvait paraitre étonnant. « L’arche de Port Blanc n’est pas tombée !!!! » qu’elle info de dire qu’il ne s’est rien passé …. Tous les jours je pourrais en effet passer des articles sur « l’isthme est encore en place ! » « Le château Turpault ne s’est pas écroulé ! ». Mais pour l’arche, j’ai jugé qu’il fallait couper court à une rumeur qui avait pris beaucoup d’importance. La présence du garde du littoral sur les lieux m’a d’ailleurs donnée des arguments. Ma rédaction m’a suivie et le premier article web est passé très rapidement.

Avez-vous contacté le garde littoral ? Ou était-il sur les lieux ?

Fait du hasard, je suis arrivée exactement en même temps sur les lieux que le garde du littoral. Une aubaine pour moi, car j’avais ainsi une photo du "spécialiste" sur le site même. Je l’aurai sinon contacté, car j’avais besoin d’une « caution » pour étayer mes observations. En tant que correspondante, mon avis à moi n’a aucune valeur, je dois relater, et apporter des explications qui viennent de personnes ayant autorités sur le sujet. Je m’explique, si je pouvais constater, comme tout le monde, que l’arche n’était pas tombée, je ne me serai pas permis d’écrire « aucune pierre n’est tombée », mais puisque le garde du littoral, professionnel, qui s’occupe du lieu a pu le constater et me l’a dit, j’ai pu écrire « aucune pierre n’est tombée ». Ensuite, ses explications et ses craintes d’une grande affluence m’ont permis d’étayer l’article.

Quelle conclusion tirez-vous de cette histoire ?

Je n’ai su que dans l’après-midi que cette rumeur était venue d’une photo montage publiée sur Facebook. J’ai été très étonnée de l’importance que cette rumeur avait pu prendre, car le montage m’a semblé grossier. Cela fait 17 ans que je suis correspondante de presse et j’ai appris à me méfier des informations que l’on me donne, pourtant toujours de bonne foi. je pourrai donner beaucoup d’exemple... Je vérifie toujours quitte à perdre du temps. Mieux vaut une information vraie donnée un peu tardivement qu’une information fausse. Je regrette, pour ma part que l’actualité soit devenu une course au « buzz ». Quand l’information porte sur l’arche de port blanc, il n’y a finalement pas trop de conséquences. Mais le traitement trop rapide d’événements touchant des personnes peut-être beaucoup plus dramatique. Si l’erreur reste humaine, en tant que « presse » nous nous devons donc de vérifier.

Enquête réalisée par Angee, Coline, Alix et Adam. Vous pouvez également voir nos deux vidéos résumant cette enquête sur notre page sur la plateforme des classes actus :

http://classes-actus-2018.ac-rennes.fr/


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